L’impro peut-elle aussi être d’une grâce sans précédent?

Par Je, Isabelle Godin

La fièvre des Olympiques frappe nos auteurs pour les prochaines semaines. Je ne m’en cache pas, un de mes not so guilty pleasures, c’est de voir et revoir des routines de patinage artistique. Ces athlètes m’impressionnent énormément par leur force et par la grâce de leur mouvement. Ça me donne le motton à tout coup! Bon… qu’est-ce que ça à voir avec l’improvisation? Pas grand-chose juste de même, mais plus je regarde et plus je développe mon regard critique sur la chose, plus je vois de liens évidents entre les deux disciplines.

Commençons par parler de la préparation. Les patineurs ont une pleine équipe derrière eux qui les aide à préparer leur prestation. Oui, bien sûr, la routine est répétée à maintes et maintes reprises afin que le tout soit parfait au moment où ça compte, mais est-ce que nos équipes d’impro ne pratiquent pas des catégories, ne préparent pas des idées et concepts en prévision des tournois? C’est bien ce que je pensais!

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Du côté de la prestation elle-même, on peut faire des routines en patinant seul, en couple ou même en troupe, ce qu’on peut mettre en parallèle avec des impros de nature mixtes, comparées ou avec des nombres de joueurs préétablis. On n’a que très peu de temps pour démontrer notre savoir-faire dans les deux cas : En impro, ça varie d’une impro à l’autre. En patinage, c’est dicté selon où on en est dans le classement et doit contenir le nombre prescrit de mouvements. Ces critères s’apparentent aussi au carton de thème, dans le fond, avec les catégories et nombres de joueurs qui sont imposés aux équipes. Enfin, les athlètes ne sont évalués que lorsqu’ils performent sur la glace et, par la suite, sauront s’ils poursuivent leur parcours grâce à leur classement comme durant nos tournois. Si on veut, le patinage artistique, c’est un tournoi durant lequel on n’a qu’une seule musicale pour se démarquer. Y’a juste un peu moins de place à l’improvisation dans la routine.

Il y a aussi toute la question du pointage. Le patinage artistique est un sport pour lequel un jugement doit être porté afin de déterminer un gagnant. Bien que des lignes directrices soient mises en place pour rendre le tout objectif, il y aura toujours une certaine forme de subjectivité en jeu dans l’attribution du pointage final… Ça vous rappelle quelque chose? Certaines techniques sont plus complexes que d’autres, comme le sont nos catégories. On saura reconnaître lorsqu’un tel défi sera relevé avec brio.

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Prenons un exemple concret : Le triple axel est au patinage artistique ce que les À la manière de, ou la rimée, est à l’impro. Du départ, on reconnaît que les athlètes/joueurs tentent de relever le défi et ça, ça leur donne pratiquement des points dès le départ. Du côté du public, on retient son souffle parce qu’on a peur que l’athlète/joueur se pète la gueule (littéralement dans un cas plus que l’autre). Si, par malheur, il n’arrive pas à relever le défi, on reconnaît tout de même son audace en offrant des points pour le niveau de difficulté en patinage, ou il est possible de lui offrir une étoile ou un prix de plombier ou de joueur audacieux en impro.

Enfin, en improvisation comme en patinage, tu peux très bien décider de demeurer dans ta zone de confort avec une prestation moins aventureuse. Le risque, c’est que tu ne brilleras pas autant que ceux qui vont plus loin, même si tu réussis très bien dans tes improvisations comparées, illimitées et libres. Ça prend du guts pour faire réagir le public et, surtout, les juges.

Bon, après avoir parlé de tout ça, il ne me vient qu’une idée en tête : Il faut que je retourne voir Virtue et Moir remporter l’or à l’épreuve par équipe, parce que wow oh wow, ils sont exceptionnels!

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