Atelier de base : Le banc de parc

Par Bernard Fournier

Le blogue trouve important d’offrir des ateliers de base que l’on donne habituellement aux improvisateurs comme ressource aux nouveaux entraîneurs et pédagogues de l’impro. Pour le lecteur plus expérimenté, nous analyserons chaque atelier afin d’identifier quels atouts sont développés par son entremise.

Atelier

Pour faire l’activité, il faut placer trois chaises l’une à côté de l’autre. Le groupe s’assoie face aux chaises. Il faut maintenant imaginer que ces trois chaises sont en fait un banc situé dans un parc. Il faut débuter l’activité rappelant le fait que dans un parc, il arrive que des inconnus s’assoient sur le même banc, ce qui peut créer des interactions diverses entre eux. C’est un peu ce qui sera simulé dans cet exercice.

Au départ, les trois chaises (« le banc de parc ») sont vides. Une personne doit ensuite être désignée pour commencer l’exercice en s’assoyant sur l’une des chaises. Cette personne se doit d’interpréter un personnage de sa création et de nous en faire la démonstration. Il faut que l’on puisse voir comment ce personnage se comporterait assis seul sur un banc. Après 30 à 45 secondes, une deuxième personne fait son entrée en interprétant un autre personnage. L’objectif est encore pour cette personne de démontrer les caractéristiques de son personnage à l’aide de ses comportements, mais également dans la façon que ce dernier interagit avec le personnage déjà assis sur le banc de parc. Encore une fois, il faut laisser une période de 30 à 45 secondes à l’interaction, pour qu’ensuite une troisième personne fasse son entrée en interprétant un nouveau personnage de sa création. Encore une fois, il s’agit d’être clair dans la démonstration des comportements de son personnage, mais également d’explorer de quelles façons les trois personnages maintenant assis sur le banc interagiraient entre eux. Il faut encore laisser un temps de 30 à 45 secondes pour laisser le temps aux participants de faire interagir les personnages qu’ils interprètent. Une fois que cette durée de temps est atteinte, le premier des trois personnages qui s’est assis sur le banc doit quitter la scène.

Ce qui est primordial à cette étape de l’activité, c’est que la personne qui quitte le banc trouve une raison valable qui fonctionne bien avec son personnage et/ou la présente situation pour effectuer son départ. Ça peut être n’importe quoi, tant que ça fonctionne avec ce qui a été préalablement établi dans les comportements et les interactions qui ont été démontrés.

À ce moment-là, un premier cycle de l’atelier du banc de parc est complété. L’activité peut alors se poursuivre indéfiniment selon la durée qu’on désire lui accorder. Après une autre période de 30 à 45 secondes pendant laquelle les personnages qui restent interagissent à deux, une nouvelle personne fait son entrée et interagie avec eux, pour que finalement la personne ayant été assise le plus longtemps sorte avec sa propre raison valable, et ainsi de suite.

Pour la personne qui anime cette activité, quelques choses à garder en tête : Il faudrait idéalement faire durer l’atelier assez longtemps pour permettre que tout le groupe puisse avoir la chance de faire au moins une intervention sur le banc. Aussi, il est possible que certains participants aient tendance à vouloir y retourner à plusieurs reprises, alors que d’autres soient plus hésitants et donc évitent d’intervenir par eux-mêmes. Il serait donc important de contrôler un peu les interventions pour s’assurer que tout le monde ait la chance de participer. Dans certains cas, il peut être utile de désigner les quelques personnes qui n’ont pas encore eu la chance de participer, si celles-ci ne semblent pas prendre l’initiative d’y aller par elles-mêmes.

Pourquoi est-ce utile?

À la base, cet atelier a comme objectif d’apporter les participants à créer de nouveaux personnages colorés et de les faire interagir avec les personnages des autres. Si l’activité se prolonge sur une durée assez longue pour que les participants puissent intervenir à quelques reprises, cela leur permet d’ajouter des personnages à leur arsenal, qui pourront servir à l’avenir dans des impros (et qui ont l’avantage d’avoir été testés brièvement durant l’activité). C’est une belle occasion par exemple pour un entraîneur de voir les capacités de création de ses joueurs. Aussi, comme le temps que chaque personnage passe sur le banc est très limité, l’atelier aide à forger le réflexe de faire des interactions qui vont plus rapidement droit au but. C’est une compétence qui peut s’avérer très utile lorsqu’elle est appliquée dans une situation de début d’improvisation mixte.

En plus, un élément particulier de cet exercice est l’aspect de la sortie du premier joueur qui s’est assis sur le banc. Dans une improvisation (généralement en mixte), on voit couramment l’intervention d’un personnage de soutien qui apporte des éléments pour faire progresser l’histoire. L’intervention de ce personnage est souvent primordiale à la réussite de l’improvisation. Cependant, son intervention n’est souvent essentielle que sur une période courte. Il faudrait donc que ce personnage finisse par quitter la scène pour laisser les personnages moteurs continuer à faire avancer l’histoire à l’aide des nouveaux éléments qui ont été apportés. Ce qui peut arriver avec des improvisateurs un peu moins expérimentés est que ceux-ci restent trop longtemps en jeu alors que leur présence n’est plus nécessaire. L’atelier du banc de parc peut servir à développer des aptitudes chez les joueurs en ce qui a trait à comprendre qu’il faut parfois quitter la situation en cours et d’essayer de le faire d’une façon originale qui s’intégre organiquement avec ce qui se passe.

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