Arbitrer en ligue vs arbitrer en tournoi

Par Clo Allard

Ces quelques dernières années, j’ai eu le privilège d’arbitrer de façon régulière dans quelques ligues locales et de participer aux divers tournois annuels organisés par ImproNB. Bien que le travail de préparation et la performance demeurent à peu près les mêmes, soit d’écrire le match, de dicter le rythme du spectacle et d’y assurer une certaine procédure, il y a quand même des différences importantes entre les deux milieux.

1 – Les joueurs

Ce qui est le fun en ligue : On apprend à les connaître. De semaine en semaine, un rapport se bâtit entre les officiel.le.s et les joueur.euse.s, vu que nos équipes sont largement les mêmes d’une fois à l’autre. Un.e joueur.euse qui débute la saison avec une approche plus timide, qui entre peut-être plus sur les comparées ou pour contribuer un 3e ou 4e personnage, et qui se transforme en moteur confiant au fil de la saison. Quelqu’un qui occupe habituellement un rôle plus sérieux peut nous surprendre avec une catégorie ou une connaissance particulière d’une « À la manière de ». La véritable évolution des participant.e.s peut être très gratifiante à voir.

Ce qui est le fun en tournoi : Des nouvelles faces! Que ce soit des joueur.euse.s scolaires ou adultes, le format tournoi nous permet de voir ce qui se passe ailleurs, d’avoir une idée des styles des autres régions. Pour les joueur.euse.s, ça peut être une source d’inspiration. Ah, regarde comment ils ont approché la dramatique. Oh, cette personne-là est incroyable en mime. Pour les officiel.le.s, ça nous sort de la routine. Comme arbitre surtout, c’est un plaisir d’avoir des interactions avec tou.te.s les capitaines qui peuvent chacun.e.s avoir leur gimmick.

2 – L’écriture des matchs

Ce qui est le fun en ligue : C’est sûr que c’est différent d’une ligue à l’autre, mais dans certains contextes, quelqu’un se mettra responsable de garder à jour un fichier Excel pour assurer une diversité dans les catégories au cours de la saison, ou alors les arbitres coordonnent cela entre eux.elles pour qu’il n’y ait pas une Sans paroles chaque match. En général, cependant, c’est assez libre. Tu as trouvé un accessoire cette semaine et tu te dis, oh, j’aimerais voir ce qu’il.elle.s feraient avec ça? Ben vas-y! Ça ajoute un niveau de spontanéité au processus d’écriture. De plus, bien qu’en général les ligues suivent les mêmes règles et grandes lignes, on se permet (moi, en tout cas) une approche un peu plus flexible en ligue sur ce qui est « acceptable ». Par exemple, parler pendant une musicale, donner une Poursuite sans sons (combo catégorie ET défi d’écoute!).

Ce qui est le fun en tournoi : Les catégories sont pré-choisies (pour assurer une diversité dans le tournoi), donc l’accent est vraiment sur le contenu du thème. Personnellement, je me retrouve assez souvent avec un match écrit à 85%, mais aucune catégorie d’indiquée, donc pouvoir les insérer toute pré-cuites comme ça, ça fait du bien. Et veut, veut pas, tout le monde a un biais. Si j’étais toujours en charge, il y aurait une ALMD’un western dans tous mes matchs – accidentellement, parce que c’est automatiquement là que mon cerveau veut aller. 

3 – Les défis

Ce qui est le fun en ligue : Ceci découle des deux autres points, mais comme on connaît les joueurs, il devient possible de vraiment établir des défis pour des équipes spécifiques basé sur leurs forces et leurs points faibles. Est-ce qu’une équipe a l’habitude de faire entrer tous les joueurs? On insère des nombres de joueur.euse.s plus serrés pour voir ce que ça donne. Est-ce qu’une équipe semble vraiment maîtriser une catégorie? Comment la rend-on intéressante à nouveau pour eux?

Ce qui est le fun en tournoi : On se laisse surprendre! Quand je me présente en ligue avec mon match, je peux avoir une idée d’où la soirée s’en va, quel thème fera ressortir quel joueur.euse, et qui sera partant.e pour les catégories, mais en tournoi on perd cette attente. Pour moi, les tournois sont une belle opportunité pour me sortir de ce qui devient habituel et de « changer le mal de place ». Un exemple : je trouve la Sans limites ni frontières rarement réussie ni intéressante, donc je ne la donne pas très souvent. Une SLNF qui se sert de l’espace et de l’équipement disponibles de façon nouvelle se glisse dans mon cerveau et ajoute à mon bagage comme arbitre, ce qui me permet de donner des exemples plus intéressants en pré-match, de mieux encadrer les équipes, et, on l’espère, d’éventuellement produire de meilleures SLNF à l’avenir.

J’encourage fortement les nouveaux.elles arbitres à s’impliquer dans une ligue! C’est une excellente façon d’apprendre à se connaître comme arbitre, et ça enlève de la pression interne qu’un tournoi peut créer. Ça nous aide aussi à rester impliqué.e.s dans notre scène locale!

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