Par René-Pier Plourde
Mon nom est René-Pier (aussi connu sous le nom “du gars avec un nom composé bizarre”… « George Michel » selon mon premier boss au Superstore).
Je me suis joint à la troupe d’impro de la CDJ en 2002, habilement menée par Michel Hédou (ou Michel Héroux selon mon autocorrect).

Pour moi, le secondaire fut une période parfois très difficile. Beaucoup de stress, beaucoup d’intimidation… jusqu’au jour où je me suis joint à la troupe d’impro. Comme je suis arrivé en milieu de saison, M. Hédou m’a défié de participer à un match au mythique D-104, un vendredi sold out. Challenge accepted. Même si mon corps en entier était en mode panique. Me voilà donc devant plus de 100 personnes, incluant certains de mes bullies, et l’arbitre lit son carton :
Improvisation mixte qui a pour titre: « La cour d’école »
Nombre de joueurs: 1 par équipe
Catégorie : Sans paroles
Durée : 3 minutes
Caucus!
Et je suis dans le caucus des superstars de l’école. Ceux que j’avais vus jouer des dizaines de fois. Comme de bons mentors, ils me poussent à entrer. (À bien y penser… qui veut faire une impro mimée seul devant toute l’école? Pas même les mentors. faut croire! 😉

L’impro commence. J’ai aucune idée quoi faire. Le caucus n’a pas servi à grand-chose. « Ok George Michel, c’est à toi. » (Ok, j’arrête la blague sur mon nom; M. Hédou me l’a répété assez souvent: « En impro, une joke, tu la fait maximum 3 fois. ») La joueuse de l’autre équipe s’avance vers moi, me regarde… et j’agis avant de penser. Je mime un gars tellement excité de voir la fille de ses rêves qu’il se balance sur place.
Et là…
La salle explose. Rires. Applaudissements.
À ce moment précis, j’ai eu la piqûre. Solide.
Fast forward à 2010 où je passe une entrevue pour travailler chez Apple. Trois personnes m’interviewent en même temps comme si je me fais questionner par la C.I.A. C’est alors qu’on me pose une question dont je n’ai aucune idée quoi répondre. Rien. Alors je fais ce que j’avais fait des centaines de fois au D-104: je commence à parler avant que mon cerveau ait pu réfléchir.
Et tranquillement, les idées sont apparues.
J’ai terminé ma réponse.
Les intervieweurs étaient impressionnés.
Résultat: J’ai eu la job et j’ai travaillé plusieurs années pour Apple en Californie. Et aujourd’hui, je sais que sans l’impro, je n’aurais pas eu les outils pour répondre à cette question décisive.

En gros: L’impro c’est plus qu’un sport.
C’est plus qu’une activité parascolaire.
C’est même plus qu’un art.
C’est un ensemble de techniques que peu de gens maîtrisent et qui vous permettent de vous sentir prêt, peu importe la situation.
Votre partenaire vous dit que vous avez oublié de sortir les poubelles? Vous saurez quoi dire.
Votre patron vous demande si vous avez des idées pour un projet? « J’en ai cinq. »
Profitez au maximum de vos pratiques et de vos matchs. Ce sont parmi les plus beaux souvenirs de mon adolescence.
Ça prend du guts, faire de l’impro. Même à l’âge adulte, il n’y a pas tant de gens qui sont à l’aise de se lancer devant un public.
Bon succès à toute la relève!
– George-Michel (désolé M. Hédou).