Par Lucie Thériault
J’y pensais énormément en 2024, l’année où l’on s’est fait dire que nous allions perdre notre coach. Je me disais :
1- Il n’y a pas beaucoup d’écoles qui veulent être l’école hôtesse d’un tournoi.
2- J’aimerais organiser un tournoi à mon école AVANT que je gradue.
J’avais déjà des notes préparées sur mon téléphone, comme des « WHAT TO DO ».
Je m’étais préparée, bof… Quand on a su la nouvelle qu’il n’y aurait pas d’impro l’année d’après (quelqu’un voulait se retirer), j’ai tout oublié. Jusqu’à ce qu’on soit en plein milieu de l’été. J’étais à Charlottetown et j’ai eu une idée miraculeuse.
On avait brainstormé des idées dans nos pratiques autour du thème « Sous la mer ». J’ai approché ma sœur pour savoir si elle aussi en avait, pis là, ça a starté : les idées coulaient comme les chutes de Grand-Sault au printemps.
J’ai appelé Parker Lavoie (le fils du défunt coach), pis on s’est partagé nos idées. J’ai créé un tableau Pinterest intitulé Gougoune 2025 parce que, même si on n’avait pas de coach, j’allais me débrouiller pour en avoir un et créer mon tournoi de rêve… sous la mer.
Avec Kamille et Parker, on a créé les slogans, les trophées et les pancartes de chambre. Il faut comprendre que ce sont des idéaux, car nos idées n’avaient pas encore été partagées avec le reste de l’équipe.
Avec ma petite famille, on était allé au Dairy Queen, pis là, j’ai dit à ma sœur :
« L’année prochaine, je dois toujours coacher ma propre équipe. Je veux inclure les juniors le plus possible. » On a donc pensé à la fameuse chanson du réveil. Après la qualif de Bathurst, j’étais tombée en amour avec le concept. On a tout de suite pensé à Jaws, du film, mais avec les juniors qui chantent par-dessus.
Pis là, je me suis dit : Avant le match spécial du samedi, c’est toujours plate. Pourquoi pas que les juniors fassent une danse sur la chanson Surfin’ U.S.A. des Beach Boys? J’avais hâte que l’école recommence. J’étais prête pour ma 11e année.




Un peu après ça, j’ai reçu un message-texte dudit défunt coach qui disait, et je cite : « Je reviens back et on va être l’équipe hôtesse de la Gougoune 2025. » J’ai bien fait d’embarquer Parker dans le coup!
On a fait des réunions avec l’école et avec mon équipe pour les avertir de ce qui allait se passer prochainement. On a bûché comme des bons : on faisait des réunions tous les mardis, avant nos pratiques, pour décider, décorer ou juste parler. (Bon, OK, j’avoue : des réunions à chaque semaine, c’est too much, mais j’étais une jeune innocente qui n’avait jamais organisé de tournoi avant. Pis selon moi, c’est ce qui a rendu notre Gougoune meilleure.)
Dès nos premières pratiques, Eric a annoncé que nous serions l’équipe hôtesse. C’est là que j’ai partagé mes idées de l’été. Je n’étais pas sûre que mes coéquipiers allaient être on board. J’imagine que mes idées étaient bonnes, puisqu’ils étaient tous d’accord. Eric a tout de suite proposé qu’on aille chercher des commanditaires pour aider ImproNB à organiser ce tournoi malgré les incertitudes dans le financement.



Avec les pratiques des juniors chaque mardi, on pratiquait les bases de l’impro, les concepts, les catégories, les danses Just Dance… Attends, ai-je mentionné les danses Just Dance? Parce qu’en effet, la danse qu’ils ont faite vient de Just Dance. Ils l’ont tellement pratiquée qu’elle était ancrée dans leurs têtes, tout comme dans la mienne.
On a aussi écrit la chanson du réveil et on l’a enregistrée lors de l’une des pratiques.
Ah, les juniors, cette partie s’adresse à vous : vous m’avez constamment étonnée. Vous vous êtes épanouis, vous avez appris, vous m’avez émue à maintes reprises. Je veux vous remercier du fond du cœur d’avoir contribué au développement du tournoi, d’avoir cru en mes idées folles, mais surtout de m’avoir acceptée comme coach. Je vous apprécie énormément et j’espère que vous continuerez à être des improvisateurs.
Vous comprendrez que j’étais tellement dédiée que je restais 12 heures à l’école chaque mardi, sans compter que je faisais partie de la plupart des comités de l’école. C’est moi qui m’occupais de créer les annonces et les matchs d’impro. Je m’occupais aussi des levées de fonds, puisque ma bête noire, c’est qu’il ne reste plus d’argent dans notre compte.
Je n’aime pas assez l’école pour rester là une demi-journée, mais j’adore l’impro. J’en mange, carrément.

Avec mes acolytes, on a créé des pancartes promotionnelles qu’on a placées un peu partout dans la ville; c’était amusant. Lorsque le temps du tournoi est venu, le cœur me débattait. J’étais tellement stressée parce que je savais que quelque chose allait mal aller, mais quoi exactement, je n’en étais pas sûre.
En y repensant, je ne me rappelle pas du tout quel était l’événement qui me faisait douter; mon cerveau adore me jouer des tours. S’il y a une chose dont je me rappelle, ce sont les beaux moments que nous avons créés ensemble, les moments fous où nous avons rigolé, et une maudite bonne Gougoune que nous avons donnée.
Merci à mon équipe, à mon école et à mon coach de m’avoir donné cette opportunité.
Ah pis, à la prochaine, personne qui lira mon texte. Je t’encourage à prendre l’initiative pis à organiser ton tournoi, toi aussi. Que ce soit le Patin ou la Gougoune, n’ayez pas peur, pis sautez à pieds joints.
P.S. Je n’aime pas écrire des choses qui me vantent.
P.P.S. R.I.P. Tornado
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