Par Richard Larocque-Gauvin
Je me rappellerai toujours de mon premier tournoi d’improvisation secondaire, en 9e année (2006), où la peur de la scène m’a frappé. Un tournoi pour lequel l’équipe avait juste assez de joueurs pour y aller et j’étais un de ceux-ci. Un tournoi auquel rentrer sur la scène était horrifiant. Par la suite, tu te dis que c’est quand même le fun faire de l’impro, tu travailles fort pour te démarquer et tu fais partie de l’équipe-étoile à chaque année jusqu’à ta 12e année. L’impro au secondaire, c’est le fun, car tu crées, tu imagines et tu as du plaisir avec TON équipe, tes amis et aussi du nouveau monde lors des tournois. L’impro n’est peut-être pas toujours cool à l’école, mais toi, tu t’amuses, tu te sens valorisé, tu te sens important, car tu t’investies dans quelque chose. Tu vis l’adrénaline de chaque match amical et chaque match de tournoi. Et toujours, tu es entouré d’amis.
Après le secondaire, c’est différent. On commence par l’université peut-être, tu as plus d’études, plus de travaux, ton monde d’impro n’est plus le même, tu a moins le temps pour t’impliquer. Comme on dirait : tu deviens un adulte. Il faut penser a l’avenir, l’impro n’est plus aussi populaire, car tout le monde est occupé aux études. Tu t’intéresses à autre chose, tu n’a plus le temps, tu es un étudiant à temps plein, les chemins se séparent, tu te fais vieux, tu n’es plus drôle, tu n’as plus du tout le temps de t’impliquer. Tu vis ta vie d’adulte, tu es sur le marché du travail et tu déménages. Tu réalises que l’improvisation est le moindre de tes soucis. Tu accroches ton chandail d’improvisateur.
Puis un jour, tu réalises que quelque chose te manques, comme si quelque chose faisais partie de toi et n’est pas comblé. Un coup stabilisé, tu te remets à faire des choses que tu aimais.


Quelques années plus tard (pour moi, 2019), tu vois qu’ImproNB offre des formations pour les officiels et tu te dis : pourquoi pas ? Tu te dis : voilà une chance de peut-être t’impliquer de nouveau dans la communauté d’improvisation. Tu t’inscris, tu fais la formation et tout d’un coup, tu es en train d’aider aux jeux régionaux en improvisation. Tu aides les jeunes à aimer l’impro, à garder les arts dans le Nouveau-Brunswick, tu fais quelque chose de bien.
Fin été 2019, un annonce pour La Ligue d’improvisation Restigouche. Tu te dis : TIENS, quelque chose d’intéressant. Tu te dis : ah c’est cela qui n’est pas encore comblé, c’est probablement ça que tu cherches. Mais il y a toujours cette peur, la peur de la scène, la peur de ne pas être drôle, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur d’être seul car tes amis de ton ancienne équipe ne sont pas là. C’est maintenant un nouveau monde, une nouvelle expérience, mais tu veux jouer. Tu veux t’impliquer dans quelque chose, même si il n’y a personne qui te connais et que tu ne connais personne.


Votre expérience pourra varier, mais moi, ce premier match, je me suis sentis comme la toute première fois en tournoi, incapable. Mais tu te parles en dedans de toi et tu te dis non, tu es capable, fonce ! Tu fais tes preuves et tu te pousses à fond et tu t’amuses. Bref, c’est ce que j’ai fais tout le long de la saison de la LIR, en restant moi-même. C’est sûr que j’ai toujours été nerveux, mais je me suis dit il faut que je me pousse et il faut que je performes, car c’est ça que j’aimais faire, jadis. L’art d’être qui tu veux, de pousser ta créativité et de t’amuser, c’est ça qui est merveilleux avec le monde de l’improvisation. Je peux finalement dire que j’ai remis mon chandail de joueur Ricardio #7 et que je garderai dans ma mémoire tous ses merveilleux nouveaux souvenirs d’impro, en espérant que cela continue dans les années à venir.
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