Le match en ligne, vu par un vieux(ish)

Par Marc-Samuel Larocque

Étant fan d’impro, quoique à la retraite, si c’est même une chose qui existe, j’étais très content d’apprendre qu’Improvisation Nouveau-Brunswick avait développé un concept d’improvisation en ligne.

ENFIN pouvoir regarder de l’improvisation à la maison, pendant que mes enfants regardent de leur côté une émission avec trop de couleurs et beaucoup trop de chansons sur Netflix (#1 dad icitte).

« Mais, Marc-Sam! Toi qui en a tant vu et tant fait, comment trouves-tu ça regarder de l’improvisation en ligne ? »

Ben je vais t’en parler, personnage de mon imagination qui me pose une question.

Réponse courte :

Après avoir regardé les deux premiers matchs disponibles sur la chaîne YouTube d’Improvisation NB (le match inaugural et le match du Temps des Fêtes), je peux clairement dire que j’aime le concept et que je vais déguster les matchs de La Click tout l’hiver.

Maintenant la réponse longue…

Les deux grosses différences pour moi : l’absence du public (ou plutôt le manque de réaction du public) et le choix de ne divulguer les points qu’à la fin.

Je débute en m’inclinant bien bas aux joueuses et joueurs qui évoluent tout au long du match sans aucun retour du public. Ils prenaient visiblement du plaisir à tout simplement improviser. Donner un spectacle d’improvisation à la caméra, sans avoir droit à l’énergie du public, c’est un exploit et je dis bravo !

L’autre changement qui m’a, et ce du tout début, un peu rebuté, c’est la disparition du côté « compétitif » de l’impro-match. J’avoue être jusqu’à un certain point un joueur compétitif, car je trouve que ça apporte un certain élément au spectacle. Ça investit la foule et les équipes lorsque le pointage est serré et qu’une seule improvisation décide de l’issue d’un match. Cependant, je comprends parfaitement pourquoi ce changement a été fait et, après les deux premières parties, je commence à m’y faire.

Les nouveaux joueurs dans l’improvisoire : la caméra et l’utilisation des effets.

Que ce soit Annik Landry qui se cache derrière sa bibliothèque ou qui nous apporte dans son lit, Stéphan Bénard qui tourne sur sa chaise en apesanteur avec Isabel Goguen qui flotte autour de lui, ou encore Marty Léger qui incarne Dieu la tête (caméra) en bas, l’ajout de ce nouveau joueur-accessoire est une boite sans fin d’options qui se doit d’être exploitée. J’ai très hâte de voir comment les joueuses et joueurs l’utiliseront, au fil des matchs, une fois que l’habitude s’installera.

N’ayez pas peur de prendre des risques (calculés) afin de tester les limites ! – Marc-Sam depuis 1988

Pour ce qui est des effets de voix et des effets visuels, j’aime l’utilisation que je vois présentement, car c’est quand même assez sporadique. Il faudra faire attention dans le futur que ceci ne devienne pas une béquille ou encore une façon facile de tenter de décrocher un rire du spectateur.

Pour l’instant, les joueuses et joueurs semblent les utiliser pour apporter quelque chose et c’est parfait comme ça. J’aime aussi le côté responsable des équipes de jouer des improvisations sans effets, comme dans l’bon vieux temps. Ça permet une variété et c’est très bien pour le spectacle.

Les nouvelles catégories : marionnettes, deux trames, bluescreen, etc.

Encore une fois, de belles découvertes et opportunités qui ne demandent qu’à être explorées davantage. Point spectacle à Annik Landry avec sa craie qui fait office à la fois de personnage et qui est aussi utilisée pour créer un décor sur un morceau de carton !

Ici, je prends cependant la tribune qui m’est offerte pour dénoncer une injustice, dans le match du Temps des Fêtes. Le joueur du côté Coach, Mathieu Lewis, a reçu une punition « d’accessoire illégal » durant une improvisation de la nouvelle catégorie marionnette, pour avoir utilisé un autre joueur (Pierre Duguay-Boudreau) comme sa marionnette.

*se rend dans le coin de la bande*

C’EST UN SCANDALE, monsieur l’arbitre. Comment peut-on utiliser l’argument qu’un être humain n’est pas un objet, tout en donnant une punition d’accessoire illégal ? Un argument qui est tout sauf péremptoire, monsieur l’arbitre (ou en plus simple, BOOOOOOO, j’ai trouvé ça drôle moé !).

J’en suis à me demander si ces nouvelles catégories ne forceront pas la création de nouvelles punitions (ou du moins de nouvelles appellations), afin de définir un cadre un peu plus « stricte » aux parties en ligne. À voir !

En terminant, aux équipes, à Improvisation NB et aux membres de l’équipe technique, je décerne la note de Orson Welles-Shia LaBeouf qui applaudit vigoureusement.

Bravo pour votre excellent travail, merci de garder l’improvisation bien vivante en ces temps bien étranges !

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