Par Jacob Nammour
J’ai adoré ma première année d’entraîneur à Shédiac! J’ai pu en apprendre énormément sur l’improvisation tout en partageant ma passion à des jeunes que j’ai appris à connaître tout au long de la saison. Par contre, il y a des leçons que j’ai apprises sur le tas et qui ont été centrales à mon travail d’entraîneur!
Voici donc une liste non exhaustive des leçons apprises par expérience plutôt que le bouche-à-oreille:
Leçon 1 : L’impro, c’est pas le gros morceau du boulot!
L’excitation de devenir entraîneur! C’est un des sentiments d’euphorie qui m’a duré le plus longtemps (je le vie toujours!). Si cette excitation venait d’abord du fait que je pouvais transmettre mon savoir, j’ai rapidement été confronté à la réalité de la pédagogie de l’impro, le feeling « On veut jouer! ».

Le « On veut jouer! », il te coupe la parole quand tu proposes un atelier trop abstrait ou juste quand tes joueurs fatigués sont quand même venus à la pratique. Le « On veut jouer! », c’est le rappel invisible qu’à la base, pour enseigner le jeu, il faut jouer, jouer avec les ateliers, les concepts, laisser les jeunes expérimenter avec leur style de jeu et rythme d’apprentissage propres. C’est aussi d’accepter que l’atelier que tu as préparé puisse prendre une autre tournure que prévue.
Le travail d’entraîneur devient alors d’apprendre qui sont ses joueurs en impro, savoir ce qui les stimule, et surtout, comment les rendre confortablement inconfortables. Les connaître personnellement est tout aussi bénéfique (et plaisant, on s’attache!) pour être au courant de leurs inspirations, de leur avis sur la chimie d’équipe, ou tout simplement de qui ils sont. Sans tous ces efforts, je ne me sentirais pas comme un entraîneur qui transmet la meilleure expérience d’impro possible.
Leçon 2: Tu es le joueur le plus compétitif de l’équipe
L’impro-match est un format merveilleux. « L’affrontement » entre les deux équipes cache le réel intérêt de voir l’ensemble du spectacle être meilleur que les performances individuelles. Indépendamment de quel coté apporte de l’énergie, tout le monde en bénéficie. L’entraîneur détient d’ailleurs un rôle-clé dans le maintien de l’énergie du banc, par la gestion du momentum des joueurs, entre autres, ou même en tant que danseur ou chanteur pour les plus motivés.

Par contre, si quelqu’un doit se soucier de l’aspect statistique, c’est l’entraîneur, en jeu ou pas, d’ailleurs. Que ce soit pour s’assurer de se rendre plus loin ou de pousser ses jeunes au maximum, l’entraîneur est le seul qui doit se charger d’y penser.
La partie la plus complexe du mélange entre l’énergie et les points est justement d’être la barrière entre ces deux mondes. Je suis d’avis que, pour bien jouer, il faut complètement oublier le pointage. C’est donc toujours un défi de penser chiffres tout en demandant aux jeunes de faire l’inverse, mais c’est nécessaire, selon moi.
Leçon 3: Les leçons continuent
Finalement, j’ai surtout réalisé que devenir l’entraîneur que j’aimerais être se résume en un mot : vouloir. Vouloir transmettre le plaisir de l’impro, vouloir pousser ses joueurs vers l’excellence, vouloir le meilleur pour eux et elles. Ces leçons ne sont pas fixes et ne dépeignent que ma philosophie. Je suis toujours ouvert aux autres points de vue pour l’étoffer, n’hésitez donc pas à me les partager les vôtres! En attendant, je continuerai de chérir ces leçons qui me rappellent que, tout autant que mes joueurs et joueuses, je suis constamment en apprentissage.
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