Par Isabel Goguen
Atelier
Cet exercice met en jeu un minimum de deux personnes, mais peut accommoder une variété de nombres de participants, par exemple six. Cependant, un plus grand groupe pourrait augmenter la difficulté de l’exercice.
Les joueurs commencent dans un récit-cadre où les personnages sont rassemblés autour d’un feu lors d’une soirée de camping. Certains joueurs peuvent s’affairer à d’autres tâches de camping si le nombre de personnes est trop grand pour tous s’asseoir autour du feu. Les participants ont environ 30 secondes pour établir ce récit-cadre, c’est-à-dire pour démontrer qu’ils sont en camping et offrir un portrait rapide de leurs personnages et de la dynamique du groupe. Ensuite, un personnage propose de raconter des histoires effrayantes.

Une personne commence son histoire au feu de camp, puis tous les joueurs se lèvent pour présenter cette même histoire en incarnant les personnages. Celle-ci est d’une durée minimum d’une minute, et peut être plus longue si désiré. À la fin de l’histoire, les joueurs font un retour au site de camping pour la dernière phrase et les réactions des autres personnages. L’improvisation peut s’arrêter ici, ou les participants peuvent présenter une ou plusieurs autres courtes histoires à l’intérieur de cette structure, retournant au feu entre chacune. Par exemple, un personnage peut affirmer qu’il en connaît une encore plus effrayante, puis s’y lance.
Si plusieurs histoires sont présentées, les joueurs qui les initient peuvent être choisis à l’avance et leur ordre de passage prédéterminé, ou les participants peuvent avoir la responsabilité de décider, sur le moment même, qui lancera les récits. Le formateur ou l’entraîneur peut donner des signes du temps pour appuyer la livraison de la structure, ou il peut laisser les joueurs estimer le temps alloué à chacune des parties du concept, tout en tenant le chronomètre à l’œil pour évaluer leur gestion du temps.
Bien sûr, le récit-cadre peut proposer n’importe quels lieux ou situations comme points de départ, et les histoires n’ont pas besoin d’être de l’horreur. On peut présenter des personnages à une soirée pyjama qui raconte des histoires d’amour, ou dans un ascenseur, relatant leurs aventures en voyage, ou encore des enfants qui se font lire des contes. Il y a beaucoup de flexibilité quant aux scénarios propices au rassemblement de gens qui partagent des histoires.

Pourquoi c’est utile
Cet exercice pratique d’abord l’écoute, la disponibilité, et le travail d’équipe. Le groupe doit transitionner rapidement entre le récit-cadre et l’histoire effrayante, se déplaçant d’une mise en scène à une autre, tout en choisissant organiquement qui agira comme personnages principaux et qui se retirera de la scène pour peut-être y revenir plus tard en tant qu’un personnage secondaire. S’il y a plusieurs histoires effrayantes intégrées au déroulement, on peut aussi avoir la responsabilité de s’assurer que tous les joueurs ont leur tour à jouer des personnages importants.
Ensuite, le groupe doit présenter un récit basé sur les quelques informations fournies par le début de l’histoire relatée autour du feu. Par exemple, « Cette histoire se déroule lors du soir du bal des finissants, il y a 50 ans. ». Ces détails doivent être retenus et présentés pendant l’improvisation jouée par la suite. Finalement, le groupe doit coordonner le retour au récit-cadre. Il y a plusieurs décisions à prendre au cours de l’improvisation qui sont communiquées physiquement, ou en personnage et ainsi, les joueurs doivent faire preuve d’écoute pour les entendre et réagir.

Lorsqu’on explore un concept ayant une structure spécifique, il est important d’utiliser son temps efficacement pour s’assurer de compléter le tout de façon satisfaisante. Si l’on prévoit environ 30 secondes pour établir le récit-cadre, mais qu’on prend, en réalité, une minute et demi, on pourrait manquer de temps pour livrer l’histoire effrayante. Si l’on propose un récit épeurant trop compliqué pour être raconté en une minute, il sera souvent nécessaire de soudainement fournir beaucoup de détails pour conclure l’histoire rapidement, ou encore, elle sera interrompue à mi-chemin par le sifflet. L’exercice peut donc outiller les joueurs à développer leurs capacités de gestion du temps et donc mieux estimer ce qui est réaliste dans une durée restante.
Ces outils de mise en scène et de structure s’appliquent également à n’importe quel autre concept qui impose le saut d’une situation à une autre. Par exemple, la présentation de la fin de l’histoire avant de retourner au début pour voir comment on s’y rend, ou l’alternance entre deux groupes qui vivent des péripéties en parallèle. On développe donc des habiletés durables qui sont utiles dans plusieurs différents contextes.
Finalement, cet exercice peut être un moyen intéressant de pratique des À la manière de. Il peut permettre aux joueurs d’explorer un genre ou style en proposant plusieurs courtes histoires qui cadrent dans celui-ci.
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