Par Maïka Morin
Ça fait maintenant quatre ans que je fais de l’impro, et j’ai eu la chance d’assister à plusieurs tournois. Avec le temps, j’ai réalisé que ce que j’aimais le plus, ce n’était pas que d’être sur scène, mais aussi tout ce qui se passe « backstage ». À la polyvalente, on joue des matchs assez souvent, ce qui demande beaucoup de préparation, même si ça ne paraît pas toujours.
L’année dernière, honnêtement, j’aurais dit que je me coupais en huit pour que tout soit parfait. J’essayais de tout gérer, tout prévoir, tout organiser, parce que je voulais que ça fonctionne bien. Mais à un moment donné, c’est devenu lourd. Cette année, j’ai pris le temps d’en parler avec mon enseignante responsable, ma coach et une de mes coéquipières, et on a réussi à mettre en place un plan qui fait beaucoup plus de sens.

En impro, on félicite souvent les joueurs, les coachs, les performances sur scène… mais on oublie un peu tout le travail de fond. Pourtant, il y a énormément de choses à gérer. Le rôle d’organisateur, ce n’est pas que de s’assurer que le jeu se passe bien, c’est aussi de vérifier que tous les joueurs ont leurs jerseys, que la feuille de stats est bien remplie, que le maître de cérémonie a son texte, que tout est prêt à temps. C’est beaucoup de petites choses, mais elles s’accumulent.
C’est aussi d’être là pour l’équipe. Donner des directives quand il le faut, tout en maintenant une bonne ambiance et s’assurer que tout le monde a du fun. Si quelqu’un a une question, ou n’est pas sûr de quelque chose, ils viennent (dans ce cas) me voir, parce qu’ils savent qu’ils peuvent me faire confiance. Et ça, pour moi, c’est vraiment important.
Mais au-delà de tout ça, je pense que ma plus grande « job » comme organisatrice, c’est de préparer les joueurs pour la suite. De s’assurer qu’ils vont être capables de continuer quand je ne serai plus là, qu’ils comprennent comment ça fonctionne pour qu’ils puissent prendre leur place eux aussi.

Un de mes plus grands défis a toujours été de laisser de la place aux autres. J’ai tendance à vouloir tout contrôler pour que ça soit bien fait, et ça m’a déjà causé des problèmes. Récemment, j’ai eu une discussion avec ma coach Vicky, et elle me l’a dit franchement : « Maïka, laisse de la place aux autres. Je sais que c’est dur, t’es une control freak… pis je suis pareille. » Ça m’a fait réfléchir. Depuis, j’essaie vraiment de travailler là-dessus. Ce n’est pas parfait. Je panique encore parfois quand ce n’est pas fait à ma façon. Mais je vois une différence.
Aujourd’hui, je suis vraiment fière de mon équipe. J’ai beaucoup moins besoin de tout gérer, et ça enlève un gros poids sur mes épaules. Les 11e années prennent plus de responsabilités, que ce soit le compte Instagram, les textes du MC, ou l’organisation en général. Ça paraît qu’ils veulent s’impliquer et que ça continue, ce qui me rassure énormément quant à l’avenir de l’impro.

Ce que j’aime aussi, c’est de voir l’évolution. De voir que ce n’est plus seulement une personne qui fait tout, mais une équipe qui travaille ensemble. Ça rend tout plus le fun, et c’est beaucoup plus sain aussi.
Après le secondaire, j’aimerais rester impliquée en impro, même sans nécessairement jouer. Que ce soit pour aider, organiser, coacher, ou tout simplement être là, j’ai envie de continuer. L’impro a changé ma vie de tellement de différentes façons, autant au niveau de la confiance, des relations que de la gestion du stress… et clairement, pour le mieux!
Vous voulez écrire un article? Communiquez avec nous à improvisationnb@gmail.com!