Option tyrannique pour l’écriture de thèmes

Par Michel M. Albert

Étant connu comme l’écrivain de thèmes le plus efficace de la province, sinon du pays, j’avais, jadis, un contrôle que certains appelleront fanatique, sur les thèmes offerts lors de tournois – bon nombre de régionales et de Gougounes Dorées des années fin 90 et début 2000, ainsi que trois Coupes universitaires en territoire néo-brunswickois, ont été complètement écrites par une seule personne.

Il faut comprendre que l’on n’avait pas, à cette période-là, un organisme comme Improvisation NB pour entraîner les arbitres, organiser les tournois, et régir les barillets. Les arbitres se greffaient à l’équipe d’officiels quelques jours avant l’événement (souvent de la cohorte de joueurs qui en n’étaient peut-être qu’à leur première expérience de sifflet et gazou), et on n’avait pas la facilité de communication par Internet pour soutenir, par exemple, une distribution judicieuse des catégories. Les Coupes universitaires étaient organisées à plus longue haleine, mais je crois qu’on ne faisait pas trop confiance aux arbitres d’ailleurs qui, selon nos expériences à leurs CUIs, faisaient un peu n’importe quoi, sans suivre le document de règlements établi.

Là n’est pas mon rôle de juger si la méthode donnait de meilleurs résultats – et évidemment, les arbitres devraient tous savoir comment écrire un match – mais elle fait partie de notre histoire (au moins jusqu’à 2004), et il vaut la peine d’expliquer COMMENT ça se faisait :

Chaque match était écrit avec le bon ratio (3 comparées sur 8, 3 catégories sur 8, etc.) et placé dans une enveloppe. Il y avait, dans la TOTALITÉ des thèmes, un nombre égal de chaque catégorie. La seule chose qui était écrite sur l’enveloppe était les catégories complexes d’un niveau technique, soit l’Avec accessoire, la Musicale, et l’À la manière de. Avant un match, l’arbitre assigné prenait une enveloppe, s’assurant qu’il ne pêchait pas une ALMD qu’il ne connaissait pas, par exemple. S’il y avait des pré-matchs, l’arbitre lisait sûrement les thèmes à l’avance pour inspirer son discours. Je suis sûr que certains arbitres les lisaient pour la première fois dans l’arène.

Ce que la méthode ne fait pas : Il n’y a pas la notion que l’on a aujourd’hui d’équilibrer les catégories pour empêcher une équipe, par exemple, de se retrouver avec toutes les Chantées. Après un certain temps, on écrivait toutes les catégories sur l’enveloppe, ce qui pouvait aider les arbitres à éviter le problème, mais il n’était pas raisonnable de croire qu’on pouvait se souvenir de qui avait eu quoi. Aujourd’hui, on ne laisserait sans doute pas les arbitres choisir leur enveloppe au hasard.

Pour défendre la tyrannie quelque peu, je dirai que même si ce n’était pas à point du côté répétition des catégories, une seule plume responsable de tout un tournoi assurait que les thèmes eux-mêmes ne pouvaient pas être répétitifs, et évitait les matchs plus gauchement écrits par des néophytes pressés. Ça fonctionnait… à son époque.

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