Par Mélodie Foulem
Ça pue, non? Ce sentiment rare de sortir d’un match et d’exprimer « oh wow, la musicale était vraiment réussie ! ». Souvent, elle est oubliable quand on y repense, mais on trouve du « au moins, c’était plaisant à regarder! ». Selon moi, une musicale peut être facilement réussie, il faut simplement bien la comprendre.
Premièrement, on connaît bien ce qu’est une musicale. L’arbitre nous impose telle chanson dans tel style et on joue l’impro avec celle-ci en arrière-plan. Êtes-vous tombé dans le piège? Afin de réussir la musicale, il faut plutôt s’inspirer de la musique pour improviser. La mettre en avant-plan. Trop souvent, on finira par présenter une à la manière d’une sans sons avec trame sonore. Mais il ne faut pas négliger ce qui se passe au niveau de la mélodie – vous devez être une extension de la musique, la vivre complètement, plutôt que lui « donner vie ».

C’est simple. On se rappelle d’abord que le caucus n’est qu’un point de départ et ici, c’est encore plus primordial. La musique imposée par l’arbitre est sélectionnée pour une raison souhaitée. Ce serait donc méchant de la mettre de côté pour faire une idée déterminée avant de l’avoir même entendue. Vous connaissez le dicton « la musique est le troisième joueur »? C’est bien dit, mais je vais l’expliquer afin que ce soit clair. Imaginez : Après votre caucus, vous êtes à la veille d’embarquer dans une impro mixte où le personnage moteur est une dame excentrique. Vous entrez dans l’arène et l’équipe adverse propose un général de l’armée. Comment ça se mélange? Eh bien, la dame excentrique va probablement finir par être membre du camp d’entraînement, qu’elle aime ça ou non. Maintenant, on enlève cette proposition de l’autre équipe et on ajoute une musique techno hyper intense. Comment intègre-t-on ça? Bah, ça serait bizarre que la dame prenne une sieste, disons. Voici des pistes si l’on se perd : Comment le style de musique affecte-t-il mon personnage? Comment la musique joue-t-elle sur mon personnage physiquement et mentalement? Commencez-vous à avoir un tic ou une petite gestuelle avec le rythme? L’important à retenir, c’est que la dame est maintenant « techno ». Le personnage intentionné de base se métamorphose en quelqu’un de complètement nouveau. Même chose chez l’autre équipe. Puisque vous participez main dans la main avec la mélodie – vous acceptez sa proposition – la catégorie devrait maintenant être bien maîtrisée.
Il y a tout de même un risque quand on veut trop faire vivre la chanson. Levez votre main si vous avez déjà vu quelqu’un entrer dans une musicale et jouer un instrument entendu dans la chanson. Le classique « je vais aller faire semblant de jouer de la trompette, parce que dans la toune, il y a de la trompette ». C’est le cliché de cette catégorie. R‘garde, c’est drôle, mais ça devrait être évité dans la mesure du possible. Envisagez-le comme une avec accessoire dont l’accessoire est un téléphone que tout le monde finira par l’utiliser comme un véritable téléphone. On ne fait pas ça évidemment – c’est contre les règles et c’est plate – l’approche devrait être le même dans la musicale. Ce n’est que décrocher de l’univers qu’on établit pour faire une blague. Bref, s’il y a des éléments uniques dans la chanson, n’ayez pas peur de les exploiter, mais s’il vous plaît, pas littéralement.

Le jeu physique ici est crucial, mais il faut aussi bien connaître la musique et ses tons. Une mélodie remplie de romantisme incitera certainement les protagonistes à tomber amoureux, tandis qu’une musique mélancolique et lente les fera sombrer dans la mélancolie et la lenteur. De plus, qu’est-ce qu’on fait quand il y a un changement dramatique dans la chanson? Par exemple, on va d’un style heavy métal à du piano. Je recommande fortement de suivre la tournure de style. Ça apporte beaucoup de diversité à l’impro et, souvent, l’arbitre nous impose la musique pour une bonne raison. Il faut la respecter.
Retournons à l’exercice de la dame excentrique. Disons qu’on est dans le milieu de l’impro quand tout à coup un troisième personnage s’ajoute et dit « C’EST LA FIN DU MONDE, UNE MÉTÉORITE S’EN VIENT! ». Quelle situation catastrophique! Cependant, la véritable catastrophe serait de dire, « non, il n’y a pas de météorites, va te coucher ». Bon, là, chère madame, excentrique ou non, vous avez été un peu rude, non? C’est le même principe avec la chanson qui va du métal au piano. On vous propose une péripétie intéressante, mais si on ne la suit pas, c’est comme si on disait non à la proposition d’un joueur. Pour le bien de l’improvisation que l’on construit, cette variation au jeu non seulement alimente l’histoire, mais intéresse davantage le public, car on peut voir un changement évident qui garde l’impro vivante.

Une vraie bonne musicale est difficile, mais c’est pour ça qu’elle est fascinante. Il y a beaucoup de facettes à apprendre, mais avec de la pratique et une bonne compréhension de la catégorie, vous pouvez bel et bien devenir un dieu ou une déesse des musicales. Avant que l’on se quitte, j’aimerais enfin souligner que la seule chose à retenir de cet article est qu’à partir de maintenant, je m’attend de voir toutes vos dames excentriques jouer avec la musique et en devenir une extension.
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